Jeux de société en solo
Quand jouer seul devient un vrai plaisir
Les jeux de société sont associés aux soirées entre amis ou aux dimanches en famille (le mot « société » nous renvoie d’ailleurs une idée de vie en compagnie, en groupe). Pourtant, depuis quelques années, la pratique du jeu en solo s’est largement développée. Loin d’être un pis-aller ou une solution par défaut, jouer seul est devenu une expérience ludique à part entière, pensée et assumée par les auteurs et les éditeurs.
Pourquoi jouer à des jeux de société seul ?
Jouer en solo, c’est avant tout une question de liberté. Pas besoin de coordonner des agendas, d’attendre un groupe ou d’expliquer des règles à plusieurs personnes. On sort la boîte, on installe le jeu, on découvre un univers et on joue à son rythme.
C’est aussi une expérience très différente du jeu à plusieurs. Le solo met souvent l’accent sur la réflexion, l’optimisation et la prise de décision. On est seul face au puzzle proposé par le jeu, sans hasard social, sans négociation, sans compromis. Pour beaucoup de joueurs, c’est un moment de calme, presque méditatif.
Enfin, si vous aimez ça, le jeu en solo permet d’explorer des jeux plus complexes. Des règles denses, des mécaniques exigeantes ou des parties longues deviennent plus accessibles quand on peut jouer quand on veut, interrompre une partie et la reprendre plus tard.
Différentes approches du jeu solo
Certains jeux sont pensés uniquement pour le solo. Ils proposent des défis très ciblés, souvent proches du puzzle ou de la campagne scénarisée. Chaque partie devient un problème à résoudre, avec des mécaniques fines et une forte rejouabilité qui pousse à recommencer encore et encore.
D’autres jeux sont avant tout conçus pour être joués à plusieurs, mais intègrent aujourd’hui de véritables modes solo. Ceux-ci prennent différentes formes : automas simulant un ou plusieurs adversaires, objectifs à remplir dans un nombre limité de tours ou encore scores à dépasser. Si la qualité de ces modes peut varier, certains sont particulièrement aboutis et offrent une expérience de jeu aussi riche et stimulante qu’en multijoueur.
Enfin, les jeux narratifs ou de campagne se prêtent très naturellement au jeu en solo. Jouer seul renforce l’immersion, limite les interruptions et permet de s’approprier pleinement l’histoire, pour une expérience plus intime et personnelle.
Quelques suggestions :
Parmi les jeux exclusivement solos :
SmartGames propose une large gamme de jeux de logique et de réflexion, évolutifs et accessibles dès 2 ans. Conçus principalement pour le jeu en solo (avec parfois des variantes à plusieurs), ces jeux reposent sur des défis à difficulté progressive qui développent la concentration, la logique et la perception spatiale.
Le jeu Under Falling Skies propose un affrontement solo particulièrement intense, porté par des mécaniques très ingénieuses. Vous défendez la Terre contre une invasion alien à l’aide de dés, vous gérez votre base souterraine, abattez les vaisseaux ennemis et progressez sur une piste de recherche pour gagner avant que le vaisseau mère n’atteigne la surface ou ne détruise votre bunker.
Dans Onirim, le joueur incarne un rêveur cherchant à s’échapper d’un labyrinthe onirique avant l’épuisement de la pioche. Le but est de trouver huit portes (deux de chaque couleur : rouge, bleu, vert, brun) en alignant trois cartes de la même couleur ou en défaussant des clés, tout en évitant les cauchemars.
Les Fiefs de Norbois est un jeu de pli en solitaire… Et ça marche !! En 8 tours, le joueur incarne un diplomate cherchant à unir sept fiefs d’animaux en atteignant des objectifs de plis précis, afin de marquer au moins 16 points de victoire.
Des jeux qui sont réfléchis aussi bien pour jouer seul qu’à plusieurs :
• Cartaventura est une gamme de jeux narratifs coopératifs où les participants explorent des récits historiques en manipulant des cartes, un peu à la façon d’un livre dont vous êtes le héros, mais avec des cartes. J’ai adoré les parcourir en solo, à ma vitesse.
• Stratus est un jeu où les joueurs associent des mots par groupes de quatre, liés par un thème commun, pour recouvrir une grille à l’aide de tuiles nuages. Le but est de résoudre des énigmes pour former un rébus final, offrant un défi cérébral accessible, idéal en solo. Si vous l’appréciez, essayez aussi les jeux Ricochet, du même éditeur.
• Dans One Deck Dungeon, un ou deux joueurs s’aventurent dans un donjon en trois niveaux, affrontant monstres et pièges grâce à un système de dés malin et tendu. Au fil de l’exploration, le héros se renforce en récupérant butin et nouvelles compétences, avec un objectif clair : être prêt à affronter le boss final, le Gardien. Le jeu peut également se vivre en mode campagne.
• Tainted Grail : The Fall of Avalon est un jeu de rôle/survie dark fantasy arthurienne se déroulant sur une île d’Avalon en déclin. 600 ans après la mort d’Arthur, les joueurs incarnent des parias luttant contre la « Mort Rouge », une brume magique, pour sauver ce qui reste de l’humanité, avec des choix moraux lourds de conséquences. Des extensions et une suite disponible pour des heures d’aventures.
• Sleeping Gods Distant Skies est un jeu narratif coopératif en monde ouvert (1-4 joueurs) où, après un crash d’avion en 1937, l’équipage explore un monde mystérieux pour rentrer chez lui. Ce jeu propose une exploration libre en avion, des combats dynamiques et des choix impactants, le tout dans un vaste atlas.
Mais il y a aussi les jeux d’énigmes ou d’enquêtes qui se prêtent parfaitement au solo. Micro Macro, Unlock, Exit, Detective, Sherlock Holmes Détective Conseil sont des musts-have dans leurs genres respectifs.
Des jeux multi-joueurs avec un excellent mode solo :
• Terraforming Mars est un jeu de stratégie expert (1-5 joueurs) où des corporations rivales collaborent pour rendre Mars habitable tout en maximisant leur score. Prenez l’extension Automa si vous voulez y jouer seul.
• Dans Spirit Island, vous incarnez des esprits de la nature défendant une île contre des colons envahisseurs qui détruisent l’environnement construisent des villages. Chaque esprit dispose de pouvoirs uniques, ce qui rend chaque partie très différente et renforce fortement la rejouabilité.
• Slay The Spire consiste à construire un deck unique via des combats, des événements et des trésors. Il mélange stratégie de deck-building, choix de chemin, et une grande rejouabilité.
• Wingspan a aussi un automa très apprécié. L’objectif est d’attirer les plus beaux oiseaux dans sa volière pour marquer le plus de points en 4 manches.
Il y a beaucoup d’autres exemples – Ark Nova, Voidfall, Newton pour n’en citer que quelques-uns) – dont la profondeur stratégique fonctionne parfaitement en solitaire.
Les limites du jeu solitaire
Le principal avantage du jeu en solo est évident : on joue quand on veut, comme on veut. C’est aussi un excellent moyen d’apprendre un jeu en profondeur, de tester des stratégies ou simplement de se détendre.
En revanche, le jeu en solo ne remplacera toutefois jamais toalement l’interaction humaine. Les échangea autour de la table, les réactions imprévues des autres joueurs et la dimension sociale du jeu de société restent irremplaçables — et c’est là toute sa richesse. Le solo offre simplement une autre manière de jouer, différente mais complémentaire, pour varier les plaisirs sans les opposer.
Le jeu solo, une tendance durable
Loin d’être un simple effet de mode, le jeu de société en solo s’est durablement imposé dans le paysage ludique. De plus en plus de jeux intègrent aujourd’hui un mode solo pensé dès leur conception, et nombre de joueurs choisissent désormais certains titres avant tout pour la richesse de cette expérience.
Que l’on soit joueur occasionnel ou passionné, le jeu de société en solo propose une approche différente du jeu : plus introspective, plus posée, et souvent très gratifiante. Une véritable invitation à s’accorder du temps pour soi, autour d’une table… même en solitaire.









